Autoportrait en traumatisme
J'ai six ans. Je suis dans la chambre où dorment mes parents chaque fois qu'ils vont chez mes grands-parents. Dans la pièce se trouvent mes cousins et cousines qui ont le même âge que moi. La pièce est fermée à clé.
Ce devait être un jour de fête, le jour où on présentait ma sœur nouvellement née à la famille. Mais la joie vira au vinaigre quand un coup de fil annonça la mort de mon frère. Il avait un an de moins que moi, était né handicapé. Je ne le voyais que rarement mais pour l'enfant roi que j'étais, il demeurait mon frère. Il vivait la majeure partie du temps en institut spécialisé et n'avait jamais dépassé la taille d'un gros bébé. Il grandissait peu, se développait peu. Quand il est né, mes parents se sont posés des questions. Était-ce leur faute ? Et si ils étaient porteurs d'un désordre génétique ? Ces questions altérèrent leur sexualité et fit qu'ils mirent du temps avant de retrouver l'envie de faire à nouveau un enfant.
La mort de mon frère est arrivée un jour d'Avril ensoleillé. Nous venions d'arriver à la campagne chez mes grands parents. A ce moment là, je jouais avec mes cousins et cousines sur le terrain à coté de la demeure familiale. Une de mes tantes m'appelle me demandant de rentrer urgemment. Je reviens sans trop comprendre ce qu'il se passait et là, descendant l'escalier en pleurs, je vois ma mère en pleurs qui me prend dans ses bras et m'annonce la mort de mon frére. Je dis que je veux assister à l'enterrement de mon frère. On me dit que l'enterrement est à neuf heures.
Il est neuf heures passées. Je suis enfermé dans la chambre. Je le saurai plus tard mais à l'époque, mes parents ne pensaient qu'un enfant de six ans aie besoin de faire son deuil. La chambre donne sur le cimetière et au loin, j'aperçois des silhouettes. Laquelle est ma mère ? Laquelle est mon père ? Où est mon frère ? Je pleure de chaudes larmes. Derrière moi, mes cousins se partage un gros sucre d'orge que nous avions acheté quelques jours auparavant.
1 h 26.






